vendredi 14 janvier 2022

Moonraker: la série décolle enfin

Ah ! Le voilà ! Le roman que je n'attendais plus.

Résumé des épisodes précédents: démarrer cette série avait été une douche froide, car mes espoirs de trouver un James Bond plus ancré dans la réalité et plus profond était ce à quoi je m'attendais, ainsi qu'un vrai roman d'espionnage qui montrerait un peu la réalité du terrain et du monde dans les années 50. Au final, ce livre existe, il s'agit du troisième tome de la saga, et je suis content de ne pas avoir décroché avant celui-là.


Et ça démarre bien dès le début, qui nous offre la vraie première fois que nous voyons la réalité quotidienne de ce vieux James quand il n'est pas envoyé à Pétinouchnock combattre un génie du mal avec un appendice en moins. On le découvre dans son rôle de fonctionnaire d'état, on explore un peu plus les quartiers généraux du M16, et, comme quoi tout arrive, Ian Fleming arrive à représenter la psychologie d'un personnage féminin, une secrétaire, où il retranscrit poétiquement la détresse personnelle de cette professions en quelques paragraphe. Bon, malheureusement, elle ne sera pas la James Bond Girl du jour, l'honneur revenant à Garland - mais même elle sort du lot parmi les autres, car elle finira pas ne pas coucher avec lui! Comme vous voyez, un tome remarquable à plus d'un titre.



En réalité, et je n'y croyais pas tout du long, jamais ce tome ne quitte le sol de cette bonne vieille Angleterre, ce qui reste rare dans cette collection, surtout que si vous avez des images de Roger Moore en costume d'astronaute déambuler dans l'espace dans l'adaptation filmique du tome, qui prouve à quel point la version ciné est à des années lumières de l'original. Comme Fleming ne se perd pas en digressions pour expliquer avec son ton colonialiste sa compréhension d'une culture exotique, il prend plus de temps pour développer ses personnages, leurs relations (surtout entre James et M), et jouer sur la tension et la paranoïa constante dans ce volume qui s'intéresse aux dangers de la course à l'armement. Du coup, c'est un tome où la Guerre Froide transpire (ou frisonne?), et où le chapitrage même apparaît comme un compte à rebours avant le décollage fatal du missile éponyme.
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Le méchant, que l'on repère à des kilomètres grâce à sa couleur de cheveux (signe Flemingien pour signaler que c'est lui l'antagoniste) est également assez mémorable.

J'aimerais que Fleming écrive plus de tomes dans ce goût là. Il n'est jamais plus mordant et juste que quand il décrit l'atmosphère anglaise, et passer moins de temps à jouer les Guide du Routard Colonialiste lui permet de donner l'impression que ses personnages ne sont pas en carton. Si je n'ai qu'un tome de James Bond a conseiller, ce serait celui-là.

 


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