lundi 31 janvier 2022

Goldfinger : L'ami Midas

Je continue ma série de critiques face aux différents volumes de James Bond dans l’ordre.  
Le Pitch: Par hasard, Bond se retrouve à enquêter sur un tricheur de cartes (encore) du nom d'Auric Goldfinger. Par hasard, il se retrouve plus tard à devoir enquêter sur un traffic d'or où le suspect numéro un se trouve être aussi Auric Golfinger. Par hasard encore, il devra sauver le plus grand casse du siècle chapeauté par - devinez - Auric Golfinger! Ian Fleming au sommet de la subtilité.

La Critique: Comme vous pouvez le sentir dans mon résumé, c'est le roman le moins bien construit de Fleming que j'ai pu lire jusque là.
D'une part, il y a cet énorme problème de "coincidence" qui parsème le roman, ce qui donne une impression tenace de grosse ficelles dans l'élaboration de l'intrigue. Fleming devait en être conscient, au point de carrément d'appeler la première partie du roman "coincidence" - ce qui ne rend pas plus acceptable l'implausibilité et la facilité de l'histoire !
Deuxièmement, le caractère profondément mal fichu du récit tient au fait que Fleming démarre des sous-intrigues et des arcs thématiques qui sont généralement interrompus pour partir dans une toute autre direction ou être complètement passés sous le tapis. Bond démarre l'aventure avec les séquelles psychologiques suite à une mission au Mexique particulièrement houleuse. Il commence à regretter de devoir mettre à contribution son permis de tuer, et c'était un début prometteur qui semblait partir sur une évolution du personnage? Non: ses états d'âmes disparaissent assez rapidement et sans trop spoiler, je ne sais pas si on peut considérer le fait qu'il TUE UN MEC JUSTE EN LE BOURRANT DE COUP DE POINGS A REPETITION soit une évolution de son personnage satisfaisante? Ou bien le message est que Bond devrait arrêter de jouer les chochottes avec ses états d’âmes, et si c’est le cas c’est aussi une déception.
L'intrigue principale du traffic d'or est complètement détournée à la fin pour partir dans un gros délire - encore une fois, j'aime bien le grand n'importe quoi, mais du début à la fin, par juste pour les derniers 20% du roman ! Les symptômes de ce côté complètement girouette ou improvisée s'en ressent jusque dans le personnage de la Bond Girl: on a droit à 2 faux départs, car trois demoiselles se partagent le rôle dans le roman, ce qui fait qu'on n'arrive jamais véritablement à s'attacher (sauf à la dernière, la fameuse Pussy Galore, mais elle présente son lot de problème. On y reviendra…

Si encore il n'y avait que ça: on m'avait prévénu, mais c'est aussi l'un des romans où Fleming est à son plus détestable niveau bigoterie: oui, on commence à connaître le gaillard depuis le temps, mais il faut croire qu'il s'était retenu jusque là. Goldfinger est le tome où transparaît le plus ouvertement le racisme et l'homophobie de Fleming, et rien que pour ça je vous le déconseille.

Côté racisme, c'est le pauvre personnage de l'homme de main de Goldfinger, Oddjob, qui en fait les frais: c'est dommage parce qu'il avait de quoi faire avec son chapeau melon avec une lame de rasoir et sa connaissance des arts martiaux - l'une des trois seules personnes au monde qui connaissent le karaté", selon Goldfinger. Autant je conçois qu'en 1957 les Occidentaux ne connaissent pas, mais de là à affirmer qu'il y a que trois ploucs qui connaissent cet art martial pas très connu c’est vrai...
Pour une raison qui m'échappe, là où Fleming était seulement… embarrassant avec ses commentaires sur les Afro-Américains, en ce qui concerne les Coréens (la nationalité de OddJob) il passe en mode full facho. OK, c'est le méchant de l'histoire, Goldfinger, qui affirme que c'est l'une des races les plus cruelles du monde et qui donne son chat à DINER pour le récompenser...Mais plus tard, Bond, frustré d’être captif, se met ouvertement à l’insulter en le traitant constamment de “primate”.  

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